La Team Lachelesfreins

La Team Lachelesfreins

Le 11/10 : LE Roc d'Azur 2015

1- Préambule

 

Il y a des jours où l’on vit un rêve éveillé, ce petit quelque chose qui nous fait dire que ce jour-là, on s’en rappellera longtemps. Ce jour là, je vais vous le raconter.

 

Cela fait 6 ans que je fais du vélo. Au début c’était sans autre but que d’aller prendre l’air et de me défouler, puis c’est très vite devenu une passion. Cette passion je la partage avec 6 de mes potes, JC, Jef, Bébel, David, Julien et enfin Gump.

 

Au fil des années, nous nous sommes donnés des défis, nous avons fait 2 fois la Transvolcanique, 1 fois la Gamelle Trophy, et cette année nous avions pour objectif de faire une 2ème fois la Gamelle Trophy, et mi-octobre, le Roc d’Azur.

 

2 - Les préparatifs

 

Pour que le WE soit parfait, il nous fallait un peu de temps, un Roc ça se prépare.

Courant Avril, nous nous sommes inscrits au Roc, David était plus que chaud et pour être sure que tout se passe bien il s’est chargé de réserver le train. Julien s’est occupé de la maison, Jef s’est occupé de sa dalle, euh oui de la dalle de sa maison…. :P JC et moi de pas grand chose si ce n’est que de dire oui à chaque proposition et Bebel de son trajet par avion car pour lui, pas question de poser son vendredi et son Lundi, obligation professionnelle.

 

3 - Le voyage

 

Vendredi 10h00, la team Lachelesfreins se retrouve donc sur un parking quelque part à Orsay, tous les vélos sont bien rangés dans leur sac de transport, oui enfin à 2, 3 détails prêt, mais pas le temps de s’en occuper maintenant, il est temps de prendre le RER direction la gare de Lyon. C’est donc là que je décide de sortir la trousse à outils pour déposer le guidon… la Team reste fidèle à elle même :P

 

Le reste du voyage se passe au poil, et quelques heures plus tard nous arrivons à Fréjus.

Un rapide tour du propriétaire pour découvrir la villa, bref, nous voilà bien installé à quelques centaines de mètres de la base nature. De La terrasse nous entendons clairement le speaker commenter le Roc Ruelles :).

 

Une bière, un plat de pâtes, et au lit.

Je suis crevé, je m’endors immédiatement quand tout à coup, un bruit nasillard, me réveille … et oui, les moustiques ça ne mangent pas de pates, juste du sang … je donne mon bras pour que ce PUTxxxxxxAIN de moustique cesse ce vole stationnaire à 2 cm de mon oreille et ce gave de O-, mais rien à faire il m’en veut ce «’stique » ! Je craque et avec Juju on les éclate un à un sur les murs, plafond, armoire et croute d’ornement murale …. 1h30 du mat’, la nuit peut commencer :)

 

4 - A la découverte du mythe

 

Samedi matin, premier petit dèj, et pendant que je mâche une tranche de pain de mie, nous planifions notre journée :

  • matin, sortie organisée par un pote à Julien pour se familiariser avec les chemins du coin.
  • aprèm, visite du salon

5 minutes plus tard, je mâche toujours cette même tranche de pain de mie … je n’ai pas enlevé le papier cuisson …

 

A 10 heures, un autochtone (le pote de Juju) nous propose une sortie pour nous familiariser avec les chemins du coin. Nous faisons donc sans le savoir la grosse bosse puis la descente du Fournel. La longue montée sur ce chemin « damé » permet à chacun de trouver son rythme sans se géner. Le panorama est magnifique, 2, 3 photos et c’est reparti !

 

 

David part comme une balle (comme d’hab') et explose dans le dernier tiers de la montée (comme d’hab'), je le passe (comme d’hab') et arrive en haut de la bosse à l’ombre des chênes à liège. David est dégouté (comme d’hab :P). Ensuite les choses sérieuses commencent, la descente du Fournel s’offre à nous. La première partie est rapide, hein David ! On sort la grosse attaque et David se bourre dans un buisson dans un grand gauche rapide … cooooooomme d’hab' :P … La deuxième partie est plus lente mais beaucoup plus technique. Tout le monde la passe sur le vélo. Arrivé en bas, nous décidons de rentrer par la route car Bébel vient d’arriver à la maison et nous attend au portail.

 

A midi nous mangeons dans un petit resto super sympa dans le port de Fréjus, Le Cap Horn, et l’après-midi nous visitons le salon. Tous les grands noms du vélo son présents, on en profite pour rêver devant leurs dernières nouveautés. Que du beaux matos.

 

Le soir, des pâtes, du blanc de poulet et au lit car demain c’est le grand jour !

 

J’ai anticipé le problème des moustiques en les gazant … 3 heures plus tard, c’est toujours le Vietnam dans la chambre tellement ça pue l’anti-moustique. Faut aérer sinon on ne se réveillera pas demain :P.

 

5 - Jour de course

 

 

Petit déj à 8h30, je prends 3 tranches de pain de mie, David en prend 4, je prends 1 yaourt, David en prend 2.

A 10h00 je réchauffe un plat de pâtes. David vérifie que son grammage de pâtes est supérieur au mien et à 10h45 nous approchons de la ligne de départ…

 

 

Le stresse monte, à 11h15 on est tous prêt sur les ch’vaux prêt à sortir la grooooosse attaque.

 

 

Bébel est devant avec son envie de pisser, David juste derrière, moi 2 mètres plus loin, Julien, JC et JEF sont plus au fond … marrant ce classement au départ !

 

 

Bébel nous a prévenus, au départ faut sérer à droite pour éviter la grosse flaque.

 

! PAM !

 

C’est partie, Bébel qui n’a plus envie de pisser ;) part comme un frelon, David essaye de prendre la même traj’ mais se fait bloquer dans un bouchon sur la droite de la piste … visiblement tout le monde a repéré le petit passage pour éviter la flaque. Pour ma part, je décide d’éviter la foule et de traverser la flaque, j’appuie fort sur les pédales et paf ! je suis tout boueux mais mon parie est payant puisque je n’ai pas perdu de temps. J’ai perdu de vue toute la team, Bébel est devant, je n’en doute pas. Julien JC et JEF sont aussi certainement derrière, mais David …. Disparu …

 

Après 4 km de plat, on attaque la première difficulté. Celle qu’on a fait hier. Je décide de gérer mon effort et de ne pas monter exploser en haut, aujourd’hui il y a 56km à avaler ! David réapparait et me double. Il est en jambe :).

 

Je reste fidèle à ma stratégie, pas trop fort au début de course pour ne pas sombrer sur la fin de course. On traverse le camping, on slalome entre les bungalows, puis on attaque cette fameuse piste damée.

 

 

Je garde David en ligne de mire jusqu’en haut. Déjà 225m de D+ ! Mais je le perds dans la descente ! On la connait désormais, c’est cassant mais avec les roues de 29 pouces et un cerveau resté sur la table du petit déj, il est imbattable, je sais que je vais devoir attendre qu’il s’effondre physiquement pour le rattraper. Le rapide et le technique jusqu’au Fournel sont avalés sans difficultés et tout passe sur le vélo ! Un peu de plat, j’ai déjà plus d’eau dans le bidon ! Ouf le ravitaillement est déjà là. Je remplis ma gourde, euh pardon MON BIDON je veux dire et c’est reparti.

 

Le col de la Flute se dessine devant moi et serpente dans les collines, mais v’là la gueule des collines ! D’après le topo, on tape des montées à 15% pour ajouter encore 300m de D+ pour seulement 18km au compteur ! Je roule fort, la descente est longue et rapide.

J’attaque la montée en direction des Clapiers et là … plus d’eau ! J’ai déjà bu 1litre !!! La montée est longue, parfois les pierriers contraignent les moins bons techniciens à la marche à pied, pour ma part ça passe (dans la difficulté). J’ai la gorge sèche, et cette montée n’en finit pas …

 

Au ravitaillement de Clapiers (km 26) je fais le plein d’eau, je mange rapidement et c’est reparti ! J’accélère le rythme, j’ai les jambes. Quelques bouchons me font perdre du temps, mais c’est le cas de tout le monde je pense. Je passe La Bastide Neuve (km 31) sans m’en rendre compte et j’attaque la montée de Car Brulé mais voilà le vélo qui commence à faire du bruit ! Je m’arrête, vérifie ma chaine, la cassette, le dérailleur AR, je démonte ma roue, vérifie toutes les vis et si la chaine n’a pas de point dur … mais rien. Vite fait je remets tout en ordre et je repars. Le bruit est toujours là et augmente même avec les km.

 

Arrivé au ravitaillement de Car Brulé (km 35), je mendie un peu d’huile de chaine … Mais rien, je reste avec une transmission à l’agonie. David n’est toujours pas revenu dans mon champs de vision … j’ai le moral dans les chaussettes. Je prends des dattes et du pain d’épice que je mets dans les poches du maillot. Je dois rattraper David !

Je sors la grosse attaque, montée, descente, une moto cross (un secouriste) me double je lui choppe la roue, dans un coup de cul je choppe une crampe au mollet droit, je ne lâche rien et continu à sortir la grosse attaque.

 

Au Bourgnon (km37) je n’ai plus de crampe, je double un max de personnes, le public nous encourage, ça galvanise ! Je pense à David, je dois le rattraper, dans la descente qui suit,  j’attaque encore et encore je double tout le monde, il n’y a qu’un gars qui me suit. Je prends des traces que je qualifierais de 2ème choix pour doubler et ce qui devait arriver arriva, je pince la chambre à air de la roue AR sur une forte compression… Je veux me dépécher de réparer et certainement par manque de lucidité je dessers trop l’axe de roue et j’échappe le ressort … Je le cherche partout parterre, je vois le temps défiler, je pense à David. Ah le voilà ce pxxxtain de ressort !!! Je change la chambre à air sans m’assurer qu’il n’y ait pas d’épine dans le pneu …. Cet arrêt me coute 7 minutes et une roue pas suffisamment gonflée m’obligeant à être hyper attentif aux pierres … J’attaque quand même, j’ai au moins eu le temps de récupérer un peu pendant ces 7 minutes. J’arrive à la montée en béton, je pars en danseuse, un gars me prévient et me dit « doucement jeune, elle est longue celle-là, vu d’ici on ne dirait pas mais elle grimpe encore longtemps ! » je l’écoute, prend un rythme plus tranquille sans chaumer non plus, je serpente dans les collines, le public est encore là et nous encourage ! Quasi tout le monde est à pied, mais pas moi :).

En haut de cette difficulté, trois 4x4 de pompiers sont garés sur le côté, giro allumé… les gars de l’organisation ont arrêté la course pour évacuer le blessé, applaudissement pour ce dernier. 10/15 minutes sont perdues, je pense à David, je vois l’évidence se dessiner …

 

 

Ça repart ! Je file en direction du ravitaillement de Haut de St-Aygulf (km44) je ne descends pas du vélo, choppe une bouteille d’eau, c’est du sirop, pas le temps de choisir, je rempli mon bidon et repart. Je sens ma jante AR qui tape part-terre dans les descentes, je remets un peu de pression dans la roue AR, rien à faire la pompe ne tiens pas la pression, je plis les gaules, jette un coup d’œil à ma transmission toujours plus bruyante … elle m’angoisse, pourvu que ça tienne !

Je commence à être liquide … David n’est toujours pas en vue, ça monte ça descend, ça n’arrête pas… je croyais qu’après St-Aygulf il n’y avait plus de bosses, j’avais tout faux.

 

J’arrive sur la plage, c’est dur, ce sirop de fraise me file la gerbe, et là je croise David qui m’encourage !

 

 

BIM ça me remotive, debout sur les pédales j’attaque, je jette mes dernières forces dans la bataille, slalom entre les bars de plage, des marches à monter, un petit tour en ville, le sentier des douaniers est magnifique, on revient sur la plage, je passe sans m’arrêter devant le dernier ravitaillement, prend le petit pont et c’est parti sur la piste cyclable, j’ai les jambes cramés, c’est dur. Puis on arrive dans l’air d’arrivée. Pédaler dans ce grand champ d’herbe est épuisant, le finish est très très dur, je double 2 personnes dans la dernière ligne droite, et je passe la ligne d’arrivée. Je n’ai jamais rattrapé David.

J’ai une crampe dans la cuisse droite. J’arrive plus à bouger et le speaker nous demande de partir de là … je ne peux tout simplement pas !

 

 

David est arrivé depuis 10 minutes, il est mort, je suis comme lui. J’ai l’impression que je vais vomir. Le temps de boire une bière, se poser dans le gazon et Julien arrive à son tour suivi de JC et juste derrière JEF.

Bébel quand à lui est déjà retourné à la maison, il est douché et vient de laver son vélo … il a claqué un temps, impressionnant !

 

6 - Résultats

 

1-    Bébel : 1307ème – 4h09’51’’

2-    David : 2275ème – 4h58’16’’

3-    Nico : 2455ème – 5h07’48’’

4-    Julien : 2878ème – 5h28’39’’

5-    JC : 3239ème – 5h49’27’’

6-    JEF (l’ancien pro) : 3247ème – 5h50’22’’

 

7 - Remerciements

 

Merci aux organisateurs, au public et à tous les bénévoles !!! Vous nous avez permis de passer un super moment autour d’une passion commune, le VTT !

 

Bravo la team, tout le monde a bien roulé ! On s’est marré, on est allé au bout de nous et c’est ça qui compte !

 

Et puis … félicitation David, t’es devant … tu m’as battu à la régulière, chapeau champion, je m’incline ;)

 

Nico

 



14/10/2015
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