La Team Lachelesfreins

La Team Lachelesfreins

J4 – MARDI 7 MAI - dercé – st aubin le cloud. 70km

 

Le petit déjeuner ingurgité, nous harnachons nos montures, ma chaussure est fraîchement recollée de cette nuit (grâce toujours à nos hôtes qui ont le plus beau des garages… et outillé comme des pros) nous prenons la route de bonne heure et surtout de bonne humeur, nous sentons bon le propre et nos panses sont bien garnies !!!

Let’s go !!! Nous partons du plateau, pour descendre un peu dans la vallée. Nous traverserons des kilomètres de champs paumés heureux de ne croiser ni voiture, ni personne. Simplement le plaisir de rouler dans la nature et le vent sous un soleil radieux.

Au passage on note de drôle de nom de patelins…

Ou alors…

Pause du midi on décide de faire sandwich maison (de toute façon ils en vendaient pas des « tout faits »).

Joce se rend à la boulangerie puis chez le charcutier pour prendre du pâté de foie. Seulement  il tombe sur un abject commerçant qui comme par hasard a mis en face de lui sur l’étal, le fameux « pâté marmite » qu’il affectionne tant et qu’il ne trouve pas en région parisienne... le piège se referme sur Joce, il est pris de tremblement, la sueur perle sur son front… le doute s’installe : ou respecter ce que nous nous sommes dit et acheter le pâté de foie « maison », ou alors, glisser dans la délinquance et craquer... mais quel excuse trouver, quel justificatif donner… 

 

Pendant ce temps, candide j’attends à 200m en train de cramer sous le soleil, sourd au drame qui se joue dans mon dos… Mais qu’est-ce qu’il fout ça fait trois heures qu’il est parti… la chaussée brulée par le soleil ondule sous l’effet des vagues de chaleur… un ballot de paille passe devant moi poussé par le vent… Et je vois se dessiner au loin la silhouette de l’homme que j’attends… au loin le son d’un harmonica… Et ben c’est pas trop tôt !!!

Il arrive trainant la patte, comme un homme brisé, le regard vide… il aura hésité longtemps, mais revient quand même avec du pâté de foie… manquerait juste les cornichons et les petits oignons nains trempés dans le vinaigre…   

C’est bon… On reprend le fil…

 

C’est vrai, qu’il fait drôlement chaud, nos petits bras qui ont déjà gouté au délice des mini coups de soleil demandent une intervention rapide, nous mettons de la crème solaire pour ne pas rôtir… Nous continuons sur un terrain légèrement vallonnée ou en haut des cotes on peut apercevoir toute la région sur des kilomètres… c’est beau, c’est apaisant. Encore une fois pas de voiture, pas de tracteur, pas de bruit de moteur, même les avions ont décidé de nous laisser tranquille. Nous goutons la joie d’entendre le vent et les oiseaux nous tenir compagnie et nous paressons un peu pour profiter de tout cela.

Ahhhhoui, nous respirons de bonnes bouffées de calme et de zènitude… sans discontinuer pendant 10-20 km sur les chemins de traverse.

 

Allez on se secoue, je sens que vous vous endormez là…

La route continue et on finit par arriver aux portes d’une sorte de parc avec de grandes grilles de fer ouvertes… qu’est-ce qu’on fait  on entre ? On traverse ? y’a p’tet’ des militaire ici aussi… On descend tout droit, on prend à gauche ? Finalement nous nous engageons à gauche…

Joce me laisse passer devant, si besoin la première balle sera pour moi…

Nous traversons le domaine avec château. Ça donne des idées au photographe fou qui m’accompagne… Le temps que monsieur Joce peaufine ses cadrages photos, je me fais harceler par des chiens.

Puis tout glisse sans problème, si ce n’est qu’au bout d’une descente le chemin s’arrête net sur une rivière où des gros cailloux et une corde font  office de pont de singe… pas d’inquiétudes, passage en mode « Fort Boyard ». « Passe-partout » ferme la porte derrière et bascule le sablier. Nous jouons les équilibristes avec vélos et carrioles dans les mains. Et le convoi traverse petit à petit. « Sort, sort !!! » On attrape la clé et on sort de justesse !

 

Ensuite nous arrivons progressivement dans une des plus belles parties de notre voyage, une sorte de bocages normands. Nous sommes encore une fois seul au monde et ça fait du bien. Puis les champs cèdent la place à une forêt digne d’un livre d’héroic fantasy… le rêve…

 

Joce essaiera ensuite de nourrir des moutons qui ne se laisseront pas attendrir... Nous quittons la foret et les chemins de terre pour l’asphalte et les champs, à nouveau.

 

Ça se gâte un peu ensuite car la trace GPS nous indique un chemin de toute évidence privatif et fermé par une grille, plus une pancarte. Joce ne se démonte pas. On coupe à travers un champ qui tombe en pente douce. Joce évalue le risque et nous voilà en train de rouler au milieu du champ cultivé (dans les sillons laissés par les grosses roues d’un tracteur) pour déboucher sur une pente raide qui mène droit à une forêt d’ortie et de ronces. Au sommet, Joce s’arrête au prétexte que les orties ça pique… pffff c’te blague évidement ça pique…

Mais moi je vois bien que le chemin à récupérer est face à nous, invisible, mais je le sens, je le sais il est Là !!! (j’ai une vue aérienne googlemap qui le montre)… et puis faire demi-tour avec nos carrioles orange fluo et leurs petits drapeaux ça multiplie les chances de se faire repérer par le proprio qui a mon avis sera pas jouasse (même si on lui explique qu’on a roulé exprès là où l’herbe ne pousse pas pour ne pas abimer ses cultures)… on va se prendre un coup de chevrotine au cul, on l’aura pas volé…

 

Je pousse Joce dans ses retranchements et nous voilà au pied du mur, les vélos couchés au sol en train de marcher dans les orties pour repérer le terrain… haha je l’entends plus me parler de mes pompes de chantier là !!! C’est sûr qu’avec ses petits mocassins et son short semi-ville il n’en mène pas large le dandy à gambader dans les ronces !!!

Nous nous enfonçons dans la végétation. Je couche toutes les orties (au bas mot ½ hectare) pour épargner les jambes nues de Jocelyn bizarrement pas très coopératif... Nous traversons un petit ruisseau, passons par-dessus des troncs vermoulus tombés au sol… puis il faut pousser les ronces en priant de ne pas crever avec nos vélos et nos charrettes, nous pataugeons dans la boue… ça ressemble furieusement à un épisode foireux vécu le deuxième jour…

Je vous explique pas la tronche de Joce... Je crois qu’il aurait pu me planter un couteau entre les omoplates…

La règle dans ces cas-là c’est de ne pas provoquer l’autre, le prédateur est sur les nerfs il faut que je lui montre que je maitrise la situation et ne pas croiser son regard… On finit enfin par sortir du semi bois, moi ruisselant de sueur de la tête au pied, Joce avec ce même sourire énigmatique que la Joconde… mais la route tant recherchée est là… Ben mon vieux, je crois que je l’ai échappé belle, encore une peu et je ne pouvais pas la raconter celle là…

 

On récupère l’asphalte que je savais être à notre portée, en passant par-dessus une petite clôture… On boit un bon coup et c’est repartit pour les montagnes russes jusqu’au gite du soir, ou péniblement à la vitesse de pointe exceptionnelle de 6km/h… en haut de la dernière cote qui se trouve être, heureusement, l’adresse de notre gite… nous arrivons.

Il est 18h30… waou mais c’est carrément royal ! On est en avance non ?

 

Au menu du soir, après avoir bu un pot d’accueil avec du cidre local, nous avalerons TUC en entrée, œuf mollets façon Joce (offert gentiment par le propriétaire) et pates à la sauce tomate (merci maman) dans notre petite cuisine perso... la vie est belle… nous sommes bien et Joce dormira enfin dans un grand lit…  Lien vers le gite

 

Lien vers le Jour 5



25/05/2013
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