La Team Lachelesfreins

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J2 - DIMANCHE 5 MAI - chevenelle – st avertin 60km

 

Gooooooood morniiing vietnaaaam et bien ça y est la deuxième journée commence.  Joce, comme ça sera son habitude tous les matins, prépare la gourde de potion magique à la vitamine C. Nous enfourchons nos montures pour une belle journée de 60km motivés comme jamais. (Photo gourde)

Le départ nous fait prendre des chemins à travers champs, nous faisons connaissance avec des meumeuh d’une coopérative bio. Il fait beau, il fait bon, tout roule et c’est bucolique… on est heureux car le début est extrêmement roulant et les pneus se montrent fantastiques.

 

Le midi, pause et repas concept nouvelle cuisine : TUC (les petits gâteaux apéro) ouais c’est bof, on ne refera pas mais comme tout est fermé faut bien faire avec (Je le sais parce que Joce c’est tapé la descente au village pour rien)…

On reprend la route ce qui nous amène à prendre la direction de la forêt. Très rapidement nous buttons soit sur des chemins gorgés d’eau, soit sur des chemins privés, voire les deux... on s’attendait à mieux…

 

Nous sommes à l’entrée de la forêt, au croisement du « vieux chêne jean Claude ». Alors que faire : boue ou violation de propriété ? La galère, ou la prison? Ecoutant la voix de la sagesse, nous décidons de rebrousser chemin, et nous nous réengageons sur la route pour contourner la forêt ; on se démerdera pour établir une jonction avec la route initiale ensuite.

Roule ma poule, les kilomètres glissent sous nos pneus. Joce derrière moi, signale a toute fin utile que ma pompe gauche (les fameuses caterpillar) a le talon qui se décolle un peu… genre ç’est pas du matos pour partir faire un périple à vélo et blablabla… quel raseur se Joce  je le sais bien qu’elle fait la gueule ma chaussure, mais ça fait des mois que je roule comme ça et ça tiens bien… alors les remarques a 2 balles…

Bon… Contournement de la forêt, on repère comment joindre la trace GPS direct et on vise un chemin lointain qui s’enfonce dans la forêt… pas de bol, après quelques mètres le passage que l’on veut prendre est encore copieusement boueux. Je descends de vélo pour évaluer nos risques de noyade, accroche malencontreusement ma chaussure au cadre et crac, je décolle la moitié de la semelle…

Je regarde Joce avec un sanglot dans la voix, lui me toise fixement le regard lourd de sous-entendus ; on n’avance pas et j’ai une chaussure en vrac. 

 

On revient sur nos pas, on appui les vélos contre un arbre et me voilà en chaussette en train tenir la semelle pour que Joce y laisse glisser de la colle à rustines… on complète avec du scotch pour tenir l’ensemble au cas où: c’est cool, ça me donne un look de baroudeur qui a traversé la jungle à pied !!! 

 

Après concertation, on décide de longer la forêt sur un chemin moins direct (vers la trace GPS) mais semblant beaucoup plus roulant. Pour enfin, arriver sur un chemin…

 « Roulement de tambours  »…

boueux… 

 

Merde mais c’est fou on a la poisse avec nous ou quoi… Bon on a déjà assez marné comme ça, avec Joce on décide de ne plus tourner autour du pot ! Bang bang, on taille la route en zigzag dans ce  chemin moisi à coup de marche forcée. En mode commando, on pousse on tire les vélos -et leur chariotes- (pour le coup ça commence a moins m’amuser l’aventure jungle de Bornéo).

La sueur coule au front, on mouille le T-shirt et nos pompes, et on arrive enfin sur un petit croisement dégagé et propret… on se dit qu’on a réussi que ça valait bien tous ces efforts… et puis petit à petit se dégage une impression de déjà vu et on réalise que ce que nos yeux contemplent, c’est ce foutu croisement du « vieux chêne jean Claude »… damned !

On a sué sang et eau pour débouler exactement à l’endroit qu’on a voulu éviter et en plus par un chemin qu’on ne voulait pas prendre au départ, le comble… (Rappel : sur le GPS, on n’a pas de fond de carte, juste la trace donc pas de moyen de se repérer).

Je suis tombé à genoux, j’ai imploré le ciel de me laisser en paix que je ne méritais pas toutes ces épreuves… Joce stoïque a plissé les yeux, regardé au loin, c’est avancé vers la barrière estampillée « voie privée » et a décidé de franchir l’interdit. Désormais nous serons des « hors la loi », nous allons prendre le chemin privé et pis on verra bien !

 

-je résume- BOUE,  re-boue, bouuuhhh (sanglots)… après galère dans la boue qui n’en finit plus, on rejoindra finalement une route faite d’un beau bitume bien noir et bien roulant. Putain comment ça fait du bien de retrouver la civilisation, de pouvoir humer à nouveau le fin et délicat fumet des pots d’échappements… on va pouvoir renquiller des bornes, le prochain repère c’est le château d’Amboise on sait ou on va !                                                                                                           

Et puis arrive le moment de faire un choix, soit on continue, soit on coupe pour récupérer une partie du  temps perdu… allez on coupe !!! Joce s’engage dans un chemin composé d’un subtil mélange de terre et d’eau : oh quelle surprise, de la boue (faudrait des bottes de caoutchouc, pour patauger dans la gadoue, la gadoue, la gadoue…) et je vois mon Joce avancer comme un matamore debout sur le vélo du haut de son mètre quatre-vingt-dix sur un chemin qui de toute évidence sert de point de RdV à tous les cavaliers de la planète… c’est un véritable champs de mines… on roule sur le bord mais quand même…

Et voilà Joce qui glisse… je me fend la poire (à moitié par la fatigue, a moitié par la tronche de Joce en train de galérer)  en le voyant dégringoler de son vélo… décidément cette journée est foireuse si en plus on pense au repas pourri qu’on a ingurgité le midi, on pourra demander la légion d’honneur… 

 

Il s’arrête, je m’avance vers lui en rigolant, lui tire une tronche de 6 pieds de long :

«  Tu vas moins rigoler... »

Son  dérailleur est cassé, il est passé au-dessus des pignons !!! Ça ressemblait un peu à ça :

 

Ça pour une tuile… J’interpelle un couple de passant assez fou pour aimer marcher dans la boue, et leur demande si il y a un magasin de vélo dans le coin (choux blanc : un dimanche après-midi en province c’est mission impossible…).

Joce démonte le dérailleur pendant que je cherche à joindre les magasins avec le maigre signal que capte mon téléphone, puis sans résultats nous décidons de raccourcir sa chaîne pour une prise directe plateau-pignon et repartir. Mais la chaîne saute sans arrêt, plus de dérailleur = plus de tension, impossible d’avoir autre chose que 42-11… autrement dit dans la boue impossible à emmener si on a pas des cuisse de diplodocus.

 

Apres avoir galéré, à pieds,  estimé les différent scénarios s’offrant à nous (achat neuf, le bon coin, agressions sur personne…), on marche dans la bouillasse et on finit par retrouver un bout de roulant bitumé. Joce positionne alors la chaîne sur 42-11 et trace, je ne sais pas comment il a fait, il me largue littéralement…

On se retrouve comme prévue au bout de la route où l’on cherche dans les quelques maisons présentes autour une âme charitable, prête à vendre un dérailleur d’occaz… et là on rencontre le gars « Clément » qui après lui avoir expliqué nos soucis, nous emmène tout droit dans son garage et commence à dépiauter son vélo ; Avouez que ça se trouve pas à tous les coins de rue… Le Dieu du vélo existe…  on va s’en sortir… merci Clément.

Je jette un œil au vélo et là, bonne nouvelle :  je remarque que le dérailleur est hors de cause… mauvaise nouvelle, c’est la patte  de fixation du dérailleur sur le cadre qui a cassée… On n’ira pas loin dans ces condition puisqu’on ne peut plus fixer de dérailleur… comble de tout la patte est spécifique au constructeur du vélo, autrement dit on va pas la trouver à décath… bah on va la commander et dans une semaine on aura la pièce… no soucy mec on reprend la route dans une semaine, on va pas se prendre le chou… 

 

Finalement j’appelle « les anges de la route », je sais que j’ai une patte de rechange sur un cadre démonté dans un carton, il suffirait juste que mes parents nous l’apportent… il est 17h15 et il nous reste quoi 25km à faire ? Faisons un peu de calcul : 1h15 de route pour l’équipe technique, ça nous mène sur 18h30, réparations et réglages… on pourrait repartir à disons 19h00… 1h30 de vélo (sans emmerde)… et ben la vache 20h30 au gîte… au mieux… et rien à se caler sous la dent parce qu’ils ne font pas les repas le soir… waou le repas TUC vas sembler léger…

En attendant mes parents, on discute avec Clément (et sa copine) qui travaille dans la vigne et découvrons que dans la région une majorité de la forêt est privée mais qu´il y a tolérance… et, aussi, que ça sèche « vite » par ici… un comble puisque depuis 2 jours on voit bien que l´eau est partout autour de nous… ils nous offrent gentiment la boisson et nous discutons assis sous la véranda du dur métier de vigneron. Passionnant !

La voiture balais arrive, on charge les vélos, les charrettes et on se fait gentiment déposer au gîte (plus d'infos ici).

Y’a pas à dire la bagnole c’est confort. Et si on poussait comme ça jusqu’à l’ile de ré ?

Arrivé à bon port, pour remercier nos sauveurs nous leur offrons le couvert au restaurant du coin ! 

 

A suivre... Lire le Jour 3



21/05/2013
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